Un ex-nazi à la Commission Européenne – Walter Hallstein

Un ex-nazi à la Commission Européenne - Walter Hallstein


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Gemmes

J’avais déjà entendu la rumeur qui disait que des anciens nazis avaient réussi à reprendre des fonctions importantes… Mais est-ce la vérité?

Regardons ce qu’est devenu Walter Hallstein.

Son histoire

Walter Hallstein est devenu le premier président de la Commission de la Communauté économique européenne. Il est considéré par tous comme étant l’un des Pères de la création de l’Europe.

Walter Hallstein est né le 17 novembre 1901 à Mayence.

Il commence à étudier le droit en 1920 à l’université de Bonn et continua son cursus à l’université Louis-et-Maximilien de Munich et ensuite à l’université Humboldt de Berlin pour se spécialiser dans le droit international privé. En 1925, il reçut son doctorat à l’université Frédéric-Guillaume de Berlin à l’âge de 23 ans. Le sujet de sa thèse de doctorat porta sur les aspects commerciaux du traité de Versailles.

Pendant une courte période (de 1923 à 1926) il fut clerc à la Kammergericht. En 1927, il devint juge après avoir passé l’examen d’assesseur.

Sa carrière universitaire

Sa carrière de juge fut de très courte durée. Il choisit de devenir professeur à l’Institut de l’Empereur Guillaume pour enseigner le droit privé étranger et international à Berlin. Il en profite pour se spécialiser dans le droit commercial comparé et le droit des entreprises en travaillant, jusqu’en 1930, pour Martin Wolff, un académicien spécialisé dans le droit commercial.

En 1929, après avoir fait une thèse en droit d’entreprises, il obtient son habilitation universitaire de l’université de Berlin.

L’année suivante, agée de 29 ans, il est nommé professeur de droit privé et de droit des entreprises à l’université de Rostock. Il devient alors le plus jeune professeur de droit d’Allemagne.

En 1935, il devient Vice-Doyen de l’Université, ce qui ne l’empêche pas de se porter volontaire pour faire un service militaire dans l’artillerie.

En 1936, il devient enfin un haut fonctionnaire en tant que Doyen et adhéra à plusieurs organisations professionnelles contrôlées par les nazis. Certains historiens affirment qu’il a veillé à garder une distance avec les nazis dont il rejetait l’idéologie. On pourrait effectivement tirer cette conclusion puisqu’en 1941, des officiers nazis s’opposèrent à sa nomination au poste de professeur de droit à l’université de Francfort. C’est grâce au soutien de ses collègues en milieu universitaire qu’il aurait réussi à être nommé recteur de la faculté en 1946.

Mais d’autres historiens ont trouvé des éléments troublants, dont une lettre que Walter Hallstein à envoyée le 30 septembre 1935 de Rostock au représentant du gouvernement (nazi) à l’Université. Il déclare qu’il a bien effectué des fonctions qui le rattachent à des organismes nazies conformément au serment qu’il a fait pour entrer en fonction à l’Université de Rostock après 1918 (1):

  • L’Association des Assistants d’Avocat du Reich (nazi) en tant qu’assistant d’avocat.
  • L’Association des Universités Allemandes du Reich (nazi) en tant que professeur.
  • Et qu’il est, au moment de sa lettre, membre de l’Association des Juristes Allemands Nationaux-socialistes et de l’Association nationale-socialiste des enseignants (NSLB) et des maitres de conférence.

L’Europe, une idée qui germe déjà…

Ce qu’il faut savoir, c’est que le 9 mai 1938, Adolf Hitler se rendit à Rome pour rencontrer Benito Mussolini pour mettre en place «une nouvelle Europe» qui deviendrait une dictature sous leur contrôle.

L’idée de l’Europe n’est vraiment pas nouvelle…

Pour mettre en place une nouvelle Europe, il faut qu’il y ait un cadre juridique. Or, du 21 au 25 juin 1938, c’est Walter Hallstein qui est choisi par Hitler pour représenter le gouvernement nazi pendant les négociations d’Etat avec l’Italie fasciste pour savoir comment mettre en place le cadre juridique de cette nouvelle Europe.

Le journal Paris-Soir du 1er février 1941 publia en gros titre «1941 sera l’année historique du grand regroupement de l’Europe» selon les propos du Fürher à Berlin.

Sous Pétain, les réflexions se portent sur le sujet, donnant comme thème à l’inauguration de l’Exposition du 6 juin 1941 à Paris avec les autorités nazies «la France Européenne». On peut retrouver des photos de cette exposition qui montrent une carte avec les pays européens avant et après la mise en oeuvre de cette nouvelle Europe. Ils mettent en avant les bénéfices : la nouvelle Europe n’a plus de barrières nationales, c’est l’Europe sans frontière d’Adolf Hitler avec de grands axes de commerce sans barrière. Le mot d’ordre est «faire comme les Allemands»… ce qui amena le gouvernement de Pétain à inciter les hommes à partir pour travailler en Allemagne. La propagande d’alors disait : la nouvelle Europe est invincible, l’Europe se bat pour ton bien-être, un soldat nazi se bat pour la liberté de l’Europe. Il fallait donc que les français participent. On oublie souvent ce qui fut à l’origine de l’envoi de «travailleurs» français en Allemagne.

Sa mobilisation dans l’armée

Hallstein étant officier de réserve, il fut mobilisé en 1942 dans l’artillerie et il partit pour le nord de la France avec le grade de premier lieutenant, occupant une fonction d’officier administratif.

Seulement il fut capturé par les Américains pendant la bataille de Cherbourg le 26 juin 1944 et envoyé au camp Como, un camp de prisonnier de guerre dans le Mississippi. Hallstein s’investit pour organiser des cours de droit pour les prisonniers. Les américains le laissèrent mener ce qui fut appelé «Le Sunflower Project», ce qui lui permit de faire partie d’une « école administrative » à Fort Getty. Son séjour fut de courte durée: il fut libéré vers la moitié de l’année 1945.

 

Retour en Allemagne

Revenant en Allemagne, Hallstein utilisa ses relations pour que l’université de Francfort soit réouverte.

Il déclina l’offre de Ludwig Erhardpour qui voulait le faire devenir vice-ministre au sein du ministère bavarois de l’économie. Il préféra devenir conférencier à l’université de Francfort le 1er février 1946. En avril, il fut élu recteur, fonction qu’il conserva jusqu’en 1948. Il organisa la conférence des recteurs du sud de l’Allemagne dont il fut président. De 1948 à 1949, il fut professeur associé à l’université de Georgetown à Washington.

Hallstein devint co-fondateur du comité national UNESCO et son premier président de 1949 à 1950.

 

Sa carrière de diplomate

La guerre étant terminé, on revient sur l’idée de trouver une solution pour reconstruire l’Europe. Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, se basant sur les propositions de Jean Monnet, propose un plan pour mettre en place une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). L’objectif était de mettre en commun la production franco-allemande de charbon et d’acier. Mais l’Allemagne ayant perdu sa souveraineté après avoir perdu la guerre, elle n’avait plus de ministère des Affaires étrangères. Alors, le chancelier fédéral, Konrad Adenauer, fit appel à Hallstein et le nomma, en juin 1950, d’abord responsable de la délégation allemande pour négocier ce que l’on appellera «le plan Schuman»  à Paris puis responsable de l’office des Affaires étrangères en août 1950 auprès de la Chancellerie fédérale.  Le traité fondateur pour la création de la CECA fut signé à Paris en 1951. Cette ascension surprit tout le monde car personne ne connaissait vraiment Hallstein.

Finalement, le statut d’occupation fut modifié, ce qui permit à l’Allemagne de rétablir l’Office des Affaires étrangères le 15 mars 1951. Le ministre fut officiellement Adenauer qui s’entourait d’un groupe de conseillers dont Hallstein qui jouait un rôle majeur. Rapidement, ils ressentir le besoin de séparer la fonction de ministre d’Affaires étrangères de la Chancellerie. Hallstein joua une part importante pour que l’Allemagne retrouve sa souveraineté tout en participant à la création de la Communauté européenne de défense (CED) et à veiller à ce que l’Allemagne de l’Ouest en fasse partie.

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Les négociations aboutirent à deux accords internationaux :

  • Le traité de Bonn, signé le 26 mai 1952 par l’Allemagne de l’Ouest, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Ce traité permis à l’Allemagne de retrouver sa souveraineté de la République fédérale d’Allemagne (l’Allemagne de l’Ouest avec un statut spécial pour Berlin-Ouest).
  • Le traité de Paris, signé le 27 mai 1952 par l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, les États-Unis, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Il établit la Communauté européenne de défense. Seulement ce traité ne fut pas validé par le Parlement français.

Devant l’échec du traité de Paris, une autre solution fut soumise : la création de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) pour que l’Allemagne de l’Ouest devienne membre de l’OTAN.

Du 23 septembre au 3 octobre 1954, ces traités furent étudiés pendant la conférence des Neuf Puissances à Paris (des membres de l’UEO, les Quatre puissances, l’OTAN) qui prirent la décision de les ratifier.

Hallstein continua de s’impliquer dans les sujets qui touchaient la production de charbon en Europe, notamment avec les français sur la région de la Sarre, riche en charbon mais sous contrôle allemand. Le 23 octobre 1955, la Sarre fut réintégrée à la RFA suite à un référendum. La France transféra le contrôle de cette région à l’Allemagne en signant le traité sur la Sarre le 27 octobre 1956.

La doctrine Hallstein

En 1955, l’Allemagne a donc retrouvé sa souveraineté et reprit un rôle dans les forces occidentales en devenant membre de l’UEO et l’OTAN. Hallstein œuvre désormais pour que l’Allemagne intègre l’Europe (la CECA). Le nouvel enjeu était de réunifier l’Allemagne de l’Ouest à celle de l’Est. Wilhelm Grewe inspira à Hallstein ce que l’on appellera plus tard «la doctrine Hallstein», c’est-à-dire la stratégie de l’Allemagne de l’Ouest en politique étrangère : obtenir la reconnaissance officielle de la République démocratique allemande, l’Allemagne unifiée. L’Allemagne de l’Est était alors sous le contrôle de l’Union Soviétique. Pour fragiliser cette division, la politique étrangère de la RFA (l’Allemagne de l’Ouest) fut d’isoler l’Allemagne de l’Est au niveau diplomatique. Cela n’échappa pas aux journalistes qui appelèrent cette tactique la «doctrine Hallstein». Bien sûr, cette stratégie ne fut jamais écrite publiquement.

L’équipe d’Hallstein cherchait à intégrer une Allemagne unie, fédérale, à la Communauté européenne du charbon et de l’acier. L’objectif était aussi d’ajouter d’autres secteurs à cette nouvelle organisation européenne en veillant à avoir un parlement qui représente les populations européennes.

Mais les avis divergeaient sur ce point. Pour mettre un terme à ces divisions, Adenauer apporta son soutien à Hallstein.

En 1955, du 1er au 3 juin, les ministres des Affaires étrangères de la Communauté européenne du charbon et de l’acier se retrouvent lors de la conférence de Messine, en Italie. Ils nommèrent un nouveau membre de la Haute Autorité de la CECA, son nouveau président et vice-président pour qu’ils exercent leur fonction jusqu’au 10 février 1957. Ils discutèrent sur les actions à mener pour relancer l’intégration européenne. Le 6 septembre 1955, Hallstein a assisté à la conférence de Noordwijk qui réunissait les ministres des Affaires étrangères afin d’évaluer les progrès du comité Spaak. Au final, le rapport de ce comité préconisa la création de deux communautés : une pour le marché commun et l’autre pour l’énergie nucléaire.

Le résultat des discussions fut transmis au gouvernement RFA le 9 novembre 1955 par Hallstein. Seulement les ministres de l’économie et de l’agriculture s’opposèrent à l’idée de créer un marché commun à la place d’une zone de libre-échange. Ce fut à nouveau le chancelier Adenauer qui trancha : il apporta à nouveau son soutien à la vision d’Hallstein.

En juillet 1956, le Royaume-Uni préférait que l’on examine les possibilités de zone de libre-échange. Les français, préférant la création de l’Euratom, proposèrent un traité faisant un compromis sur les deux concepts.

Finalement, lors de la conférence de Venise, le ministre français des Affaires étrangères Christian Pineau fut d’accord pour que des négociations se portent sur trois objectifs: une communauté économique établie en plusieurs étapes ; des tarifs douaniers réduits de 30 % ; les gouvernements nationaux gardant une marge de manœuvre en matière de politique économique.

Hallstein était contre l’idée de l’Euratom mise en avant par la France, soutenu par plusieurs ministres d’Affaires étrangères en Europe. En France, l’Assemblée Nationale approuva que les négociations intergouvernementales commencent en juillet 1956 dans le but d’établir un marché commun après que le président, Guy Mollet, ait donné des garanties pour que l’Euratom n’impose pas de restrictions sur le programme nucléaire français. Les français voulurent aussi inclure leurs territoires d’Outre-mer. Hallstein acquiesça et mis au point un accord pour considérer les imports exports des territoires d’Outre mer des états membres comme s’ils venaient de leur métropole.

Il y eut d’autres débats pour finalement aboutir, le 25 mars 1957, à la signature du traité de Rome qui créa la CEE et l’Euratom. Les membres signataires étaient :  l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ce traité de Rome fut co-signé par Walter Hallstein et Adenauer.

Walter Hallstein, le juriste choisi par Hitler pour trouver un cadre juridique pour la nouvelle Europe réussi à la créer avec le traité de Rome…

Plusieurs candidats sont envisagés pour prendre la fonction de premier président de la Commission de la Communauté économique européenne. Mais aucune décision arrive à être prise alors que les traités entrent en vigueur le 1er janvier 1958. Finalement, c’est Hallstein qui est choisi lors d’une conférence des ministres des Affaires étrangères le 6 et 7 janvier 1958.

Il organise donc sa première commission le 16 janvier 1958 avec les 9 pays membres. Mais beaucoup de questions se posent car il n’y a pas de marché commun sans politique économique et avec seulement neuf membres si l’objectif est de faire une Europe fédérale, comme les Etats-Unis.

Les désaccords sont nombreux pour fédérer d’autres pays à ce marché : il est difficile de mettre plusieurs pays d’accord sur une même vision des choses.

Le Royaume-Uni, qui ne fait pas encore partie de l’Europe, reste sur sa position de préférer une zone de libre d’échanges. Hallstein est contre cette idée, préférant ce qui permettrait, selon lui, d’intégrer graduellement d’autres états membres : une barrière tarifaire entre les membres de la CEE et les membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

De Gaulle, voyant que les négociations n’allaient pas dans sa vision des choses, retira la participation du gouvernement français en novembre 1958. Devant le mécontentement général, on mit fin aux négociations pour un temps sur ce sujet.

Six États de la CEE décidèrent ensuite de mettre en place une union douanière visant à supprimer les tarifs douaniers entre les états membres pendant 12 ans tout en conservant un  tarif douanier commun avec les États tiers. Du coup, sept États européens exclus de cet accord, (l’Autriche, le Danemark, la Norvège, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse), répondirent en créant l’AELE pour de leur côté mettre fin aux tarifs douaniers entre ses membres sans pour autant imposer la mise en place d’un tarif douanier commun. Cette convention de l’AELE fut signée en janvier 1960.

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Le 3 mars 1960, Hallstein fit des annonces qui provoquèrent une opposition, non seulement de certains états membres, mais aussi des états tiers. Hallstein faisait tout pour saboter la mise en place d’une zone de libre-échange entre l’AELE et la CEE.

Le Premier ministre britannique, en 1961, dépose la demande d’adhésion officielle de son pays à la CEE après avoir abandonné l’idée de zone de libre échange.

Seulement Hallstein estime que c’est prématuré. La presse britannique accuse Hallstein de partager la position du gouvernement de De Gaulle et des 5 autres membres de la CEE qui étaient favorable à la position protectionniste de la France.

De Gaulle présente alors le plan Fouchet pour unifier les états sous une forme de fédération intergouvernementale offrant plus d’indépendance aux états au lieu d’une communauté européenne prônée par Hallstein qui s’oriente davantage vers une coopération entre états. En octobre 1962, Hallstein propose un programme pour mettre en place une union monétaire et économique.

De Gaulle fait encore une tentative dans le but de conserver une Europe indépendante des Etats-Unis en élaborant le traité bilatéral franco-allemand sur la coopération politique. Ce fut vivement critiqué comme allant à l’encontre des traités de l’OTAN et de la CEE.

Un préambule fut donc ajouté par l’Allemagne de l’Ouest au traité pour clarifier le fait qu’ils continueraient à honorer les liens transatlantiques, le principe de l’élargissement de la CEE et l’intégration éventuelle du Royaume-Uni à la CEE.  Ce traité fut signé le 22 janvier 1963. De Gaulle chercha aussi à renforcer une coopération militaire avec l’Allemagne, mais ce fut un échec.

En 1963, De Gaulle apposa son veto à la demande d’adhésion du Royaume-Uni à la CEE.

Le 21 octobre 1964, le ministre français de l’information Alain Peyrefitte annonça que la France quitterait la CEE si le marché agricole européen n’était pas mis en œuvre au 15 décembre 1964.

A cette date, le Conseil des ministres établit un prix commun du grain valable à partir du 1er juillet 1967. Il demanda à la Commission Européenne de faire une proposition de financement sur la politique agricole commune avant le 1er juillet 1965. Il y avait deux possibilités : financer par levées directes ou par des contributions nationales qui entraînerait un transfert de revenu à la Communauté.

Le 20 janvier 1965, le Parlement européen adopta une résolution pour inciter les gouvernements à aller vers une Europe démocratique et fédérale, concept soutenu par Hallstein.

Le 24 mars 1965, Hallstein présenta le projet de financement de la PAC au Parlement européen : celui de collecter les tarifs douaniers aux frontières de la CEE pour les intégrer à un budget communautaire et que la PAC soit mise en œuvre comme prévu à partir du 1er juillet 1967. En même temps, il y aurait la mise en place d’une union douanière pour les produits industriels deux ans et demi avant la date prévue dans le traité de Rome, pour permettre à la Communauté de développer ses propres ressources financières sans avoir besoin de l’aide des États membres. Le but était de donner plus de pouvoir budgétaire au Parlement européen. Le projet prévoyait aussi qu’au 1er janvier 1966, que les votes du Conseil soient fait à la majorité simple, ce qui retirait la possibilité d’apposer un veto unique pour un des pays membre. De Gaulle objecta : non seulement cela augmentait les pouvoirs de la Commission, mais aussi ceux du Parlement européen. Le gouvernement français rappela que ce qui avait été accepté au niveau du Conseil devait entrer en vigueur le 30 juin 1965. Mais cette proposition devint publique avant d’avoir eu le temps d’être présentée au Conseil. Elle fut présentée au Parlement européen le 24 mars, une semaine avant d’être présentée au Conseil.

De Gaulle accusa Hallstein d’avoir agit comme s’il était un chef d’État.

Finalement, un compromis fut trouvé après des discussions entre l’Allemagne et la France : les levées agricoles et les tarifs douaniers seront utilisés pour éviter de centraliser la méthode de financement. Mais Hallstein refusa cet accord et demanda de tout stopper jusqu’à ce que la question soit réglée. Finalement, le 30 juin 1965, Hallstein accepta ce compromis bien que le gouvernement français ait annoncé l’échec de cet accord… Juste au moment où la présidence française à la Commission prenait fin le 30 juin 1965.

La crise de la chaise vide au Parlement

Sur les directives de De Gaulle, la France ne participa plus aux réunions du Conseil des ministres et du Comité des représentants permanents pour monter son désaccord avec les décisions prises. Pour résoudre cette crise, Hallstein élabora un nouveau plan prolongeant l’arrangement provisoire des finances agricoles jusqu’au 1er janvier 1970 et le présenta au Conseil le 22 juin 1965. De Gaulle continua à manifester son désaccord, bloquant le traité qui exigeait l’unanimité des votes.

Après plusieurs tentatives, ils arrivèrent à un compromis : celui d’une réunion extraordinaire du Conseil pour discuter de « la situation générale des Communautés ».

Ayant été réélu le 19 décembre 1965, de Gaulle accepta l’offre. Les négociations eurent lieu le 17 et 18 janvier 1966. Le ministre français des affaires étrangères, Couve de Murville, céda sur des points majeurs : ils se mirent d’accord pour suggérer à la Commission de consulter les représentants permanents des ministres avant toute proposition importante d’intérêt national, et de permettre que les discussions durent jusqu’à ce qu’un accord unanime soit trouvé. On appela cette proposition le «compromis de Luxembourg». Mais le texte manquait de précisions pratiques : il fut aboli pour être remplacé par l’Acte unique européen. La France demanda aussi que les diplomates ne présentent pas seulement leur lettre de créance uniquement à Hallstein, mais aussi aux présidents de la Commission du Conseil.

Cette crise de «la chaise vide» dura vingt-sept mois.

Fin du mandat d’Hallstein

Lorsque les négociations reprirent leur cours normal, le ministre français des Affaires étrangères, Couve de Murville, exigea qu’Hallstein parte à la fin de son mandat le 8 janvier 1966 pour qu’une autre personne prenne sa place. Mais aucun accord fut trouvé: Hallstein resta en fonction pour expédier les affaires courantes suivant l’article 159 du traité CEE. Cela repoussa la fusion des trois Communautés (2), qui aurait dû avoir lieu le1er janvier 1966.

Ses dernières années

Hallstein quitta la Commission à l’âge de 66 ans à la fin de l’année 1967.

Mais dès  20 janvier 1968, il fut élu président du Mouvement européen, une organisation privée créée en 1948 en faveur de l’intégration européenne qui promouvait sa vision d’États-Unis d’Europe. Hallstein occupa ce poste jusqu’en 1974 et mais il refusa de représenter sa candidature à la fin de son mandat.

Lors des élections fédérales de 1969, Helmut Kohl, le ministre-président et chef de la CDU du Land de Rhénanie-Palatinat offrit à Hallstein l’opportunité de se présenter directement comme candidat dans la circonscription électorale Neuwied dans la région du Westerwald et d’être également en tête de liste en Rhénanie-Palatinat. À l’époque, la CDU dirigée par Kurt Georg Kiesinger était le parti au pouvoir. Au congrès « Euroforum 68 » de la CDU à Sarrebruck en janvier 1968, Hallstein fut accueilli comme prochain ministre des Affaires étrangères si le parti gagnait les élections fédérales de 1969. Il proposa de s’opposer à de Gaulle et de contrer ses tentatives de dévaluer et d’affaiblir les Communautés européennes. Toutefois, le parti perdit les élections et Hallstein devint membre du Bundestag mais sans aucun gouvernement en fonction.

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Kohl demanda à Hallstein de devenir potentiellement le candidat qui devait remplacer Heinrich Lübke à la présidence fédérale, mais ce fut un échec.

De 1969 à 1972, Hallstein fut membre du Bundestag pour l’Union démocratique chrétienne (CDU) à la commission sur les affaires étrangères pour les affaires européennes. Il quitta le Bundestag en 1972 et la présidence du Mouvement européen en 1974 pour se retirer de la vie politique et pour se consacrer à l’écriture et à donner des conférences. Il déménagea de Westerwald à Stuttgart et continua son travail d’auteur. Il tomba malade au début de 1980 et mourut à Stuttgart le 29 mars 1982 à l’âge de 80 ans. Il fut enterré avec les honneurs de l’État le 2 avril 1982 au cimetière Waldfriedhof de Stuttgart. Il sera resté célibataire toute sa vie.

Selon la Bible

La Bible annonce, depuis plus de 2’000 ans, un antichrist qui instaurera un gouvernement mondial pour contrôler les peuples de la Terre afin de les asservir.

Apocalypse 13 versets 1-2.

  • Et il se tint sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème.
    La bête que je vis était semblable à un léopard; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité.

 La bête est un des surnoms de l’antichrist. Il sera secondé par une autre personne qui se chargera de «rallier» la population mondiale à son autorité.

Apocalypse 13 versets 13-18.

  • Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes.
    Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait.
    Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués.
    Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.
    C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six.

L’antichrist et son acolyte obligeront tout le monde sur terre à recevoir cette maque appelée communément 666 sur leur main droite ou leur front pour les asservir à jamais.

Cela peut vous faire sourire, pourtant, nous vivons une époque où nous avons toute la technologie pour le faire… Pas mal pour un vieux bouquin de plus de 2’000 ans, non?

Le lien avec l’Europe?

Il est spécifié que la bête a dix cornes. Certains théologiens pensent qu’il va s’agir peut-être d’un découpage du globe en dix zones. L’Europe peut être l’une d’entre elles.

Depuis les origines, Dieu a instauré les frontières pour éviter, justement, qu’une personne soit manipulée par le diable pour contrôler le destin de l’humanité toute entière.

C’est la raison pour laquelle Dieu divisa les hommes par langues et secteurs géographiques pour éviter qu’ils en arrivent à cet excès. C’est ce qui a failli arriver lorsque les hommes se mirent d’accord pour construire la Tour de Babel. A cette époque, ils parlaient tous la même langue et voulaient montrer leur puissance en construisant la plus haute tour au point d’atteindre une hauteur qui défierait dieu.

Genèse 11 versets 4,6.

  • Ils dirent encore: Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.
    (…)
    Et l’Éternel dit: Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté.

La tour ne fut jamais terminée : personne n’arrivait plus à comprendre la langue de l’autre, d’où le nom de Babel qui veut dire «confusion».

Pour éviter que les humains se regroupent pour se rebeller contre Lui, Dieu donna des limites aux peuples, c’est-à-dire des frontières.

Deutéronome 32 verset 8.

  • Quand le Très Haut donna un héritage aux nations, Quand il sépara les enfants des hommes, Il fixa les limites des peuples.

Il est intéressant de noter que le bâtiment du Parlement européen à Bruxelles représente justement la Tour de Babel inachevée… Ce n’est pas la seule œuvre d’art montrée en plein jour et qui a un lien avec le gouvernement mondial annoncé par la Bible. Voir notre article «L’Europe : du mythe à celle d’aujourd’hui».

Que faut-il retenir ?

Adolf Hitler choisit Walter Hallstein pour travailler sur le cadre juridique d’une nouvelle Europe et juste après la guerre, c’est le même homme qui l’instaure avec notamment le Traité de Rome et qui en devient le premier président de la Commission Européenne. Cela fait beaucoup de coïncidences, surtout que les symboles, les œuvres d’art utilisées par l’Europe pointent vers les symboles utilisées par la Bible pour dénoncer le gouvernement mondial de la fin des temps.

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Plus de détails, sources et références sont donnés dans la section ci-dessous « En savoir plus… ».

Références

‘(1) l’Association national-socialiste des enseignants(Nationalsozialistischer Lehrerbund), l’Association des juristes nationaux-socialistes (Nationalsozialistischer Rechtswahrerbund), l’Associationallemande national-socialiste des maîtres de Conférence (Nationalsozialistischer Deutscher Dozentenbund) et l’Association national-socialiste deprotection des civils face aux raids aériens (Nationalsozialistischer Luftschutzbund).

 

‘(2) Les trois communautés : «Afin de réduire les coûts, les exécutifs de la CECA et de l’Euratom fusionnèrent en 1965 avec celui de la CEE, selon le traité de fusion des exécutifs communautaires. Les trois communautés furent alors rassemblées sous le nom de Communautés européennes, tout en continuant d’exister distinctement les unes des autres. Les Communautés européennes forment l’un des trois piliers définis par le Traité de Maastricht, qui créa l’Union européenne en 1992.»

Source

 

Sources externes

Articles :

En Français

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