Un deuxième Vénézuela est-il possible ?

Un deuxième Vénézuela est-il possible ?


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Gemmes

La situation actuelle a mis à mal l’économie, non seulement nationale, mais locale. Les systèmes de distribution ont été impactés.

Le Venezuela a vécu un écroulement de leur économie il y a plusieurs années déjà. Que s’est-il passé et allons-nous vers une situation similaire ?

Regardons ensemble.

 

Comment tout a commencé…

Le Vénézuela détient la réserve en pétrole conventionnelle la plus élevée au monde, devançant même l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Et pourtant, ce pays est dans le gouffre avec un PIB de -18% en 2018 : ils consomment plus qu’ils ne produisent.

Ils n’ont pas réussi à diversifier leurs secteurs économiques. En 2019, le pétrole constituait 90 à 95% des exportations et 50% des recettes fiscales. Seulement, le prix du pétrole a chuté en 2014 au niveau mondial. En plus, ils n’ont pas su investir pour entretenir les infrastructures, diminuant, à la longue, la production de pétrole.

En 2013, le gouvernement vénézuélien commença par condamner toutes personnes qui cherchaient à stocker de la nourriture. Les mesures étaient sévères puisque des sanctions pénales furent émises. Le gouvernement prétextait qu’en fait, les vénézuéliens mangeaient à 95% plus de quatre repas par jour alors que les chiffres disaient le contraire et que le manque d’approvisionnement commençait cruellement à se faire ressentir.

Les médias s’en prirent aux gens qui cherchaient à amasser de la nourriture en les traitant de « fous » et « d’égoïstes ».

Du coup, même une personne qui faisait des achats pour une famille nombreuse pouvait pousser un caddy « suspicieux » !

Mais comment quelqu’un peut savoir si le système de distribution est impacté au point de repousser le ravitaillement de certaines choses ?

Saisies

  • Des usines furent saisies par le gouvernement (notamment celles pour le papier toilette… Est-ce pour cette raison que tout le monde aux USA se jetait sur les rouleaux de papier ?).
  • Comme le pays avait déjà un gros problème de logements avant cette crise, cela ne s’améliora pas. En 2014, dû au manque d’acier, le gouvernement ordonna la confiscation de toutes voitures et autres véhicules abandonnés. Leur acier serait fondu pour être réutilisé dans la construction.
  • Face à la sévère crise de logements privés ou publiques, le gouvernement annonça, en avril 2014, que ceux qui étaient propriétaires de deux ou trois logements mis en location devraient les vendre au gouvernement au prix imposé par ce dernier. S’ils refusaient d’obtempérer, ils devraient payer des amendes ou faire face à une expropriation.

Registre d’empreintes

En mars 2014, le gouvernement mis en place un système de traçabilité : un système de relevé d’empreintes électroniques par le biais d’une carte biométrique appelée « Tarjeta de Abastecimiento Seguro ». Selon le gouvernement, c’était un système auquel on pouvait adhérer « volontairement ».

L’objectif officiel était d’empêcher les gens d’accumuler de la nourriture de manière disproportionnée, d’éviter la contrebande et la spéculation sur les prix.

En août 2014, une deuxième carte biométrique remplaça la première qui n’avait pas atteint les objectifs escomptés. Cette fois-ci, les troupes militaires contrôlaient les accès aux frontières pour réduire la contrebande.

Ce système de traçabilité n’était pas pratique car les files d’attente étaient plus longues : les machines tombaient souvent en panne.

Longues files d’attente

De longues files d’attente se formèrent pour essayer d’obtenir des produits de premières nécessités comme la nourriture, la lessive, les couches pour les bébés etc. Certains attendaient 5 à 6 heures dans l’espoir d’obtenir quelque chose.

Cela rappelle ce qui s’est passé pendant la deuxième guerre mondiale !

Dans ma ville, certains rayons du supermarché n’étaient plus approvisionnés pendant le confinement. Pour minimiser le vide, d’autres produits les remplaçaient.

Etait-ce le cas pour votre ville ou village ? Il semblerait que la distribution était inégale suivant la disponibilité des chauffeurs routiers.

Rationnement d’électricité et d’eau

Mais revenons au Venezuela.

2016 : la situation se compliqua. Le gouvernement annonça un rationnement de l’électricité et de l’eau – officiellement pour contribuer à l’environnement. (Ah ? Ce n’était pas pour des raisons économiques ?).

L’eau n’était plus distribuée aux domiciles. Il fallait s’approvisionner auprès des distributions de l’Etat.

Des maladies surgirent : la malaria, la diarrhée, l’amoebose etc.

Il y eu de plus en plus de « black-outs » avec des coupures d’électricité prolongées. Le gouvernement ordonnait aux sociétés gérant l’électricité de ne pas envoyer ses techniciens au travail. L’utilisation de sèche-cheveux n’est plus autorisée. Des circuits sont détournés des petites villes vers les grandes pour essayer de calmer les gens.

Mesures d’aides gouvernementales

Comme la situation devenait précaire pour beaucoup et que les commerces n’arrivaient plus à répondre à la demande, le gouvernement annonça des mesures « d’aide ».

Les fermiers reçurent l’obligation de donner leurs dernières récoltes. Puis on leur demanda de gérer la distribution de nourriture en direct. Ils mirent en place un système de vente local qui mis en faillite les revendeurs (la grande distribution).

Une fois que tout passait par eux, le gouvernement exigea que les fermiers et fournisseurs vendent 30 à 100% de leurs produits à l’Etat à un prix instauré par ce dernier.

Ce prix était bien sûr meilleur marché que ceux des magasins et supermarchés.

En janvier 2015, le gouvernement annonça qu’il y aurait un rationnement, non seulement mensuel, mais journalier. Les magasins devaient se doter du système pour lire les cartes biométriques pour que seules les personnes qui figuraient dans le registre des empreintes puissent acheter des produits de premières nécessités et de la nourriture.

Le Ministère de la Ferme Urbaine

Mais avec les faillites, le chômage, la nourriture n’est plus suffisamment produite ni acheminée. Alors le gouvernement annonça aux vénézuéliens qu’ils devraient produire leur propre nourriture !

Le Ministère de la Ferme Urbaine fut donc créé pour superviser tout cela.

Subvenir à ses besoins est vraiment une très bonne idée, mais tout dépend du contexte et « où ».

Je me vois bien avec des poules et cochons sur le balcon de l’appartement (si, si !).

Pour éviter que ces nouveaux fermiers urbains (et les autres) deviennent trop indépendants, tout doit être enregistré sur un registre officiel (récoltes, viande, etc.).

En mars 2017, 87% des habitants ont reporté le fait qu’ils avaient perdus environ 8 kilos (en poids – soit 19 livres). Un panier basique coûte désormais quatre fois le salaire minimum.

En Avril, plus de 11% des enfants souffrent de malnutrition.

 

Déclaration de la situation d’urgence

La situation ne s’améliore pas. Le pays manque de nourriture. L’acheminement de la nourriture n’était pas le seul problème économique et cela commence à se montrer. Contrairement à ce que l’on peut penser, un effondrement économique est graduel et ne se fait pas d’un coup.

Le gouvernement déclare que le pays est en situation d’urgence alimentaire.

En 2017, selon la Fédération Pharmaceutique du Venezuela, 85% des médicaments viennent à manquer.

Le 9 février 2018, les Nations Unies déclarèrent qu’une bonne partie de la population est dans une pauvreté extrême. 30% des habitants ne mangent plus qu’un seul repas par jour.

Il s’est écoulé trois ans entre le moment où les médias s’en prenaient aux gens qui accumulaient de la nourriture et la situation où il n’y avait plus assez pour tout le monde.

 

Violence

Il y a bien sûr eu des révoltes des étudiants, de la population. Ceux qui critiquaient ouvertement le gouvernement n’obtinrent pas les mêmes droits d’accès à la nourriture.

Les crimes comme le vol avec violence augmentèrent de manière exponentielle. Comme le prix de l’essence est élevé, il y a peu de voitures en circulation, mais les vols de motocyclettes sont constants. Les plus violents agressent ou tuent des policiers pour voler leur arme.

Notes :

  • Une loi fut passée quatre ans avant le début de ces évènements pour interdire la détention d’armes par des particuliers. Il y eu des appels à rejeter le système de traçabilité.


La monnaie

Les Vénézuéliens se sont rués sur la cryptomonnaie lorsque leur monnaie nationale -le bolivar- a subit une hyperinflation. Ils ont un des taux les plus élevé au monde d’inflation (10 millions de pourcents en 2019), la planche à billet fonctionnant pour couvrir les dépenses. Du coup, ce pays est passé parmi celui qui utilise le plus la cryptomonnaie. Cela concerne surtout des transactions de personne à personne (P2P). Le gouvernement a lancé sa propre cryptomonnaie, le Petro. Sept cryptomonnaies nationales ont reçu une licence pour faire du commerce avec le Petro et beaucoup de municipalités ont fait le choix de collecter les impôts dans cette monnaie.

Seulement, les auteurs de ces monnaies sont souvent peu recommandables.

Elle est utilisée à double escient : pour faire des transferts douteux hors du pays pour certains, et pour préserver l’épargne face à la dévaluation pour d’autres. En effet, ils peuvent, de cette manière, faire du commerce en ligne et obtenir des devises étrangères, considérées plus stables. Seulement, ces échanges sont désormais réglementés par le gouvernement. Si quelqu’un veut éviter leur système, il doit tenir ses transactions secrètes.

 

Migration

Beaucoup de Vénézuéliens choisissent de quitter le pays pour trouver une source de revenue et afin de survivre.

2 millions de personnes sont déjà parties en 2014.

 

Selon la Bible

Chaque individu choisit ou non d’avoir Dieu dans sa vie. C’est la même chose au niveau national : une nation peut glorifier Dieu et faire appel à Lui pour les aider ou, au contraire, le rejeter complètement.

Dieu avait prévenu Israël de ce qui allait se passer s’ils choisissaient d’avoir un roi « comme toutes les autres nations ». Que leur roi allait prendre ce qu’ils avaient de meilleur en tout : en production, en propriétés, en ressources humaines et talents, et exiger des impôts.

Mais Israël s’entêta et insista pour avoir ce roi ! (1)

L’histoire d’Israël, avec ses hauts et ses bas dans sa relation avec Dieu et ses exils lorsqu’il a rejeté Dieu, est l’illustration de ce qui arrive à une nation lorsqu’elle accepte ou rejette Dieu comme étant son roi.

Mais Dieu ne ferme jamais la porte :

2 Chroniques 7:14

  • Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, -je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays.

C’est la raison pour laquelle, le corps du Christ a une responsabilité : celle de prier pour son pays, le gouvernement, quel qu’il soit.

Et voici l’instruction que Dieu nous donne de faire, AVANT TOUTES CHOSES :

1 Timothée 2 versets 1 à 4.

  • J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté.

Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.

 

Que faut-il retenir ?

Ce qui est arrivé au Vénézuela fait réfléchir.

L’histoire d’Israël dans la Bible démontre que Dieu peut revenir sur le devant de la scène et intervenir pour sauver un pays si on fait appel à Lui.

Le corps du Christ est responsable pour intercéder en faveur du pays et de ses gouvernants.

Et chacun d’entre nous, croyant ou non, contribuons au futur de ce pays, que ce soit par la passivité ou l’action.

Priez-vous pour votre pays et ses dirigeants ?

 

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  • Plus de détails et les sources sont données dans la section ci-dessous « En savoir plus… ».

Ce que dit la Bible

Commentaires

Ecritures

(1)   Passage indiquant les avertissements de Dieu sur ce qui allait arriver avec leur roi.

1 Samuel versets 6 à 22.

Samuel vit avec déplaisir qu’ils disaient: Donne-nous un roi pour nous juger. Et Samuel pria l’Éternel.

L’Éternel dit à Samuel: Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira; car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux.

Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d’Égypte jusqu’à ce jour; ils m’ont abandonné, pour servir d’autres dieux.

Écoute donc leur voix; mais donne-leur des avertissements, et fais-leur connaître le droit du roi qui régnera sur eux.

Samuel rapporta toutes les paroles de l’Éternel au peuple qui lui demandait un roi.

Il dit: Voici quel sera le droit du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils, et il les mettra sur ses chars et parmi ses cavaliers, afin qu’ils courent devant son char; il s’en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante, et il les emploiera à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l’attirail de ses chars.

Il prendra vos filles, pour en faire des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères.

Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers, et la donnera à ses serviteurs.

Il prendra la dîme du produit de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses serviteurs.

Il prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs boeufs et vos ânes, et s’en servira pour ses travaux.

Il prendra la dîme de vos troupeaux, et vous-mêmes serez ses esclaves.

Et alors vous crierez contre votre roi que vous vous serez choisi, mais l’Éternel ne vous exaucera point.

Le peuple refusa d’écouter la voix de Samuel. Non! dirent-ils, mais il y aura un roi sur nous, et nous aussi nous serons comme toutes les nations; notre roi nous jurera il marchera à notre tête et conduira nos guerres.

Samuel, après avoir entendu toutes les paroles du peuple, les redit aux oreilles de l’Éternel.

Et l’Éternel dit à Samuel: Écoute leur voix, et établis un roi sur eux. Et Samuel dit aux hommes d’Israël: Allez-vous-en chacun dans sa ville.

Sources externes

Articles :

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  • Image mise en avant : Drapeau vénézuélien – Wikipédia Commons – Public domain. Ajout de texte.

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