Le Palais d’électricité de l’exposition 1900

Le Palais d’électricité de l’exposition 1900


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Gemmes

Lors de l’Exposition Universelle de 1900, deux monuments s’imposèrent fièrement en technologie avant-gardiste pour 1900: le Palais d’Électricité. Pour les gens de l’époque, c’était magique: c’était «la fée Électricité». L’électricité existait déjà depuis 50 ans, mais sans commune mesure avec la puissance dégagée par ce palais.

Elle était messagère d’une nouvelle ère: celle de l’avènement de l’électricité et d’espérances pour le siècle qui s’ouvrait.

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L’origine

L’Exposition Universelle de 1900 se déroula à Paris suite à un décret passé le 13 juillet 1892.

L’objectif était de fièrement faire le bilan du siècle qui se terminait, fort de ses hauts fourneaux et machines à vapeur et de présenter les espérances du XXème siècle: la solidarité, la paix et la fraternité entre les peuples.

Cette exposition allait regrouper 83’000 exposants dont 46% français et 50 millions de visiteurs. Elle fut solennellement inaugurée par le Président de la République, Émile Loubet, le 14 avril 1900 et close le 12 novembre avec un succès indéniable.

Le Palais d’Électricité est certainement l’édifice qui frappe le plus les visiteurs par son innovation et ingéniosité. Elle est vite surnommée «la fée Électricité».

 

Leur concept

On mentionne souvent le Palais d’électricité , mais en fait, il y a deux édifices: ce palais et le Château d’eau. Le Palais d’électricité illumine les fontaines venant du Château d’Eau qui forme le motif central: les deux se fondent dans un ensemble architecturale.

Nous devons le Palais d’Électricité à M. Hénard et le Château d’Eau à M: Paulin, tous deux lauréats du concours lancé par l’Exposition. Ces deux constructions sont intimement imbriquées bien qu’elles aient requises deux architectes.

 

Le Palais d’Électricité

Le palais ressemble à une sorte de couronne géante finement dentelée de verre et de métal «avec trois lobes «surbaissés d’une feuille de trèfle» selon M. Hénard. Il fait 420 mètres de long sur 60 mètres de large avec le point central culminant à 70 mètres de hauteur.

Le château d’eau est imbriqué devant pour former le motif central, doté d’un porche d’où jaillissent des cascades qui s’écoulent de degré en degré jusque sur le Champ de Mars. Cette eau provient d’une grotte immense remplie d’une série de vasques superposées sur lesquelles se brise une cascade d’eau de 30 mètres de hauteur et 10 mètres de largueur. Ils veulent représenter «l’Humanité conduite par le Progrès s’avançant vers l’avenir». A terre, on peut apercevoir deux personnages foulés aux pieds par «la routine».

Il est flanqué de deux galeries qui se terminent par des rotondes et surmontées de coupoles. Au sommet, on peut voir la statue de l’Électricité debout sur un char traîné par des hippogriffes et s’appuyant sur une étoile radieuse. C’est au sculpteur Marqueste a qui l’on doit cette œuvre d’une hauteur de plus de 6 mètres. 6’000 lampes incandescentes ornent la crête.

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C’est toute une usine qui se trouve derrière: deux cours ouvertes de 177 mètres de long, 40 mètres de large. Des cheminées de 80 mètres de hauteur sont la partie visible des chambres de chauffe. Cet ensemble produit, jour et nuit, un sourd bourdonnement. Cette bête de ferraille produit une énergie énorme sous forme de lumière qui se répand par les fils métalliques. Cette usine est constamment alimentée par du combustible amené par un train spécial. Chaque heure, c’est 100’000 litres d’eau par minute qui se convertissent en vapeur et qui actionnent les moteurs des dynamos de la centrale à charbon pour générer 20’000 Kwatts se trouvant au sous-sol.

Pour donner une idée de la puissance de la force motrice électrique produite pour l’époque:

  • 1855 : 350 chevaux
  • 1867: 525 chevaux
  • 1878 : 2’500 chevaux
  • 1889 : 6’500 chevaux
  • 1900 : 40’000 chevaux dont 20’000 en service simultané lors de cette exposition.

Ces machines électrogènes furent réparties auprès de 38 groupes : 19 appartenant à la France (avenue de la Bourdonnais) et le reste à des sections étrangères (avenue de Suffren).  

L’énergie produite fut utilisée pour l’éclairage général, pour les ascenseurs et chemins élévateurs (l’ancêtre des trottoirs électriques que l’on trouve dans nos métros qui se défendait bien avec ses 2 vitesses : 4 et 8 km/h!). Le Château d’eau abrite le poste d’aiguillage dans une paroi ayant deux tableaux de 24 mètres. Lorsque la distribution du courant change, le mécanicien, travailleur invisible, peut voir des étincelles bleuâtres qui claquent et crépitent.

 

Le Château d’Eau

Le Château d’eau est orné d’une sorte de paravent électrique de 100 mètres de haut et 80 mètres de large décoré de vitraux en couleur.  La Seine lui fournit un débit de 1’900 litres d’eau par seconde (4 millions et demi de litres par heure) qui sont refoulés par des machines se situant au Quai d’Orsay.

Ce Château offre une architecture inspirée par l’époque Louis XV malgré un soubassement sobre et massif en staff et en pierre de Causse. Au milieu de cet édifice en forme de coquille, une niche centrale de 34 mètres de hauteur avec des grottes au décor en verrerie polychrome d’où s’écoulent une gerbe centrale et 6 secondaires, tout cela avec les effets spéciaux de la lumière. Ce palais devint un objet d’admiration des foules venues en curieux. Imaginez le spectacle féerique d’eaux jaillissant d’une crypte illuminée par 7’000 lampes électriques aux couleurs tournoyantes tombant d’une hauteur de 30 mètres!

 

Le message du Palais

L’Exposition Universelle de 1900 voulait fièrement faire le bilan du siècle passé, avec les hauts fourneaux et machines à vapeur et annoncer le siècle qui s’ouvrait. Paris fut surnommée «Ville-Lumière» pour l’occasion bien que l’électricité viendra plus tard dans les années 20. C’était justement le but: séduire les gens et les entreprises et les préparer à cette nouvelle technologie, malgré un début d’incendie sans gravité peu après l’ouverture de l’Exposition. Alexandrine Zola fut une des 6,5 millions de personnes qui eurent la témérité d’emprunter le chemin élévateur. Elle fut prise en photo par son mari, Émile, pour immortaliser ce moment. Il fut tellement enthousiasmé par cette Exposition, qu’il revint avec sa maîtresse et ses deux enfants.

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Ce qui est intéressant, c’est qu’Émile Zola écrivit un roman peu après, pendant son exil en Angleterre suite à l’affaire Dreyfus, intitulé «Quatre Evangiles». Il s’agissait de 4 ouvrages : Fécondité, Travail, Vérité, Justice. Mais seuls les trois premiers seront publiés, Zola mourant avant d’écrire le dernier. Il voulait donner les lignes d’une «voie pacifique vers le monde solidaire de demain». Une sorte de roman-fiction où il confrontait le bien et le mal, un monde de paix reposant sur la solidarité et l’amour.  Il voyait, dans l’électricité, le moyen de transformer la nuit en jour pour le bien-être de l’humanité. Il voyait ce qu’il y avait de bon dans la modernité mais aurait refuser d’en faire un culte. Sa conclusion à lui était que l’amour n’est et ne sera jamais mécanique.

En fait, la mécanique est une aide et non un substitut… Maintenant que nous sommes au XXIème siècle, comment voyez vous l’impact de l’électricité sur notre quotidien?

La question que l’on pourrait se poser, c’est quel équilibre garder pour que nous ne devenions pas esclaves des technologies qui découlent de l’électricité. N’oublions pas que tout ce que nous utilisons utilise de près ou de loin cette énergie.

Les transhumanistes veulent aller plus loin: transformer l’homme pour pallier à ses «failles» naturelles. Quelle place aurait l’amour dans un tel monde? Mais c’est un autre sujet… et peut-être un autre article!

 

Que faut-il retenir ?

L’humanité fera et devra toujours faire des progrès qui cherchent à la soulager d’un travail pénible et à améliorer son quotidien. C’est indéniable.

Dans notre quête, nous devons veiller à toujours mettre Dieu au centre de notre vie. Pourquoi? Parce que sans Lui, nous perdons la notion du bien et du mal dans un monde qui met l’accent, de plus en plus, sur le matériel et une vie centrée sur soi.

Nous avons souvent le nez sur un écran: celui de la TV, de l’écran de l’ordinateur, d’un téléphone mobile. Et nous oublions facilement le monde qui nous entoure (je m’inclus dans ce constat!).

Les heures passent si vite, mais dans un monde virtuel.

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La Bible nous indique où notre attention doit se porter:

Proverbes 4:20-23

  • Mon fils, sois attentif à mes paroles, Prête l’oreille à mes discours.
    Qu’ils ne s’éloignent pas de tes yeux; Garde-les dans le fond de ton coeur;
    Car c’est la vie pour ceux qui les trouvent, C’est la santé pour tout leur corps.
    Garde ton coeur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie.

Ce passage indique que nos oreilles doivent être attentive au message de Vie de la Bible et de ne pas éloigner nos yeux (notre attention) de ce qu’elle dit. En d’autres mots, il faut veiller à ne pas laisser sa vie être happée par le train-train quotidien qui est souvent vide en terme relationnel.

Le passage continue ainsi (v. 25-27):

  • Que tes yeux regardent en face, Et que tes paupières se dirigent devant toi.
    Considère le chemin par où tu passes, Et que toutes tes voies soient bien réglées;
    N’incline ni à droite ni à gauche, Et détourne ton pied du mal.

Nos yeux doivent regarder «en face». Il s’agit d’avoir un objectif et de s’y tenir. On ne peut en avoir un sans réfléchir au sens que l’on veut donner à notre vie dans une société qui est remplie d’occupations souvent vides.

Comme toutes choses, que ce soit l’électricité ou une autre technologie, c’est ce que l’on en fait qui détermine si c’est un bien ou un mal dans notre vie.

Y avez-vous réfléchi?

 

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