Histoire

Le décret de Rome sur un tombeau vide

Gemmes

Il existe une pierre en marbre intitulée « Décret sur les violations de sépulture en marbre » qui comporte un texte légal donnant une injonction à ne pas retirer les morts d’un tombeau.

Pourquoi un tel ordre lorsque l’on connaît les coutumes romaines ?

 

Regardons de plus près.

 

Pierre du « Décret sur les violations de sépulture » en marbre 

Cette pierre indique qu’elle comporte le texte d’un « Edit de Nazareth » datant du 1er siècle, sachant que Jésus serait mort 33 ans au 1er siècle.

 

Cette pierre fut découverte par Wilhelm Froehner en Israël à Nazareth en 1878 et léguée en 1925 à la BnF, la Bibliothèque nationale de France, au département des Monnaies, médailles et antiques.

Il s’agit d’une pierre taillée en marbre blanc mesurant H. 60 cm, l. 28 cm, E. 6 cm, et ayant un poids de 37,2 kg.

 

Contexte

Dans l’ancienne Rome, la coutume voulait que l’on donne toujours une sépulture à un mort.

En effet, enterrer un mort sans le mettre dans une sépulture était choquant pour eux. Leur croyance était que, les « insepulti », c’est-à-dire ceux privés d’un tombeau, étaient sources de craintes sérieuses au sein de la communauté car cela implique que le mort n’a pas reçu de rites funéraires conjurant sa mort. En d’autres mots, un corps non mis en sépulture souille la communauté. Cet acte est considéré comme un outrage, une infamie. C’est pour cette raison, que même les corps des criminels, après leur exécution, sont mis dans une sépulture. (1)

La croyance des chrétiens, déjà à leur époque, était qu’un mort, mis ou non dans une sépulture, voit toujours son âme aller auprès de Dieu. La mise en sépulture n’influe pas sur la destination de l’âme du mort.

Pour conclure : pour les romains, ne pas mettre un mort dans un sépulcre ou violer sa tombe est considéré comme un outrage passible de peine de mort.

 

Que dit le texte ?

Maintenant que nous savons de quelle manière les romains considéraient une sépulture, regardons le texte sur la pierre.

Cette pierre « Décret sur les violations de sépultures » comporte une inscription de 22 lignes en grec avec, ce que l’on appelle, de nombreux “latinismes”, trahissant son origine romaine.

Voici ce texte :

  • « Il me paraît bon que tombeaux et tumulus – quiconque les a faits pour un culte rendu à des ancêtres, à des enfants ou à des parents – restent intangibles à perpétuité. Si quelqu’un dénonce une personne ayant soit fait disparaître soit extrait d’une quelque autre manière, soit déplacé les morts frauduleusement en d’autres lieux, en violation du droit des morts, soit ayant déplacés cales (ou plaques) et pierres, contre une telle personne, moi j’ordonne qu’il y ait un procès, comme (on le fait) – pour outrage aux dieux – contre les cultes rendus aux hommes. Il faudra en effet honorer davantage les morts. Qu’il ne soit permis absolument à personne de changer leur place. Mais sinon, moi, je veux que celui-là soit condamné à la peine capitale sous le chef d’accusation de violation de tombeau. »

Le texte est clair : c’est un rappel de ne pas violer « le droit des morts » en les déplaçant ou en les sortant de leur lieu de sépulture. Sinon, toute personne qui le fait sera condamnée à la « peine capitale » pour avoir violé un tombeau.

Alors ?

Cette pierre :

  • Ne mentionne pas Jésus ni l’histoire de son ensevelissement et résurrection.
  • Elle ne cite pas les chrétiens.
  • Elle ne mentionne pas des régions parcourues par Jésus : la Judée, la Galilée ou même, Jérusalem.
  • Elle n’indique pas ce qui a déclenché le besoin de faire un décret sur ce sujet.

Mais c’est plutôt troublant car cela soulève plusieurs questions :

  • Pourquoi un décret à Nazareth, ville où Jésus a grandi ?
  • Dans un endroit où deux cultures – juive et romaine – tiennent pour sacré le corps d’un mort, pourquoi un tel décret ?
  • Surtout un texte écrit dans les années qui suivirent la mort de Jésus ! Surtout lorsque l’on sait qu’à cette époque, l’histoire de la résurrection de Jésus – et donc de son tombeau vide – commençait à faire le tour du pays et du monde ! Cette histoire suscitait, apparemment, beaucoup de tumultes !

Mais il y a d’autres hypothèses :

« Selon Grzybek, l’édit serait dû à Néron et daterait des années après 62, quand l’influence de Poppée le conduisit à une politique anti-chrétienne. L’édit viserait les Chrétiens, accusés d’outrage aux dieux, ceux qui rendent un culte aux hommes (au sens large pour culte rendu à un homme). Une étude récente du marbre a cependant remis en question et la provenance de la stèle, sa datation et sa lecture. En effet l’analyse isotopique permettant de conclure à un marbre de l’île de Cos, l’inscription pourrait être mise en rapport avec une violation de sépulture connue par les textes, celle de Nicias, tyran de Cos, un partisan de Marc Antoine, dont la tombe fut profanée, le corps enlevé. L’édit aurait pu être arrêté à cette occasion par l’empereur Auguste. » (2)

Bref. On a deux histoires de tombes profanées. Il ne faut pas oublier que, pour les non-croyants, ce sont les chrétiens – les disciples de Jésus – qui ont « volé » le corps de Jésus. Ils nient cette résurrection. A leurs yeux, les chrétiens auraient commis un acte odieux, passible de peine capitale !

Mais il ne faut oublier que le texte du décret est écrit en Grec. Ce n’est pas un choix anodin : c’est la langue commune utilisée dans la partie Est de l’Empire romain de l’époque. En gros, on voulait diffuser, sur un large territoire, une information, comprise dans la langue la plus parlée. C’est un peu comme si on faisait un décret en anglais au lieu du français, pour être sûr que les gens venant d’autres pays, puissent comprendre.

L’édit sonne comme un avertissement sévère : les tombes doivent restées inviolées, les corps ne doivent pas être bougés et ceux qui enfreignent cette loi seront traités en criminels agissant contre l’empire !

Cela soulève une question : pourquoi est-ce que Rome s’inquiète des corps de morts qui disparaissent de tombes au point de le diffuser en Grec, de plus, en le diffusant à partir de Nazareth ?

Cela fait pas mal de coïncidences : le lieu (Nazareth), le temps (peu d’années après la mort et résurrection de Jésus)) et l’objet du décret (voler un mort, comme si c’était courant ?).

Si on fait le lien avec l’histoire de la résurrection du Christ, l’interdiction de ce décret prend du sens. Propager une histoire de résurrection alors qu’à leurs yeux, un tombeau a été violé, soulevait, non seulement un problème religieux, mais aussi politique.

Colporter une histoire de Messie sorti du tombeau ressuscité était une menace directe à l’autorité en place. C’était proclamer que les romains n’avaient pas été capables d’empêcher le vol d’un corps. Pire encore : tout le monde savait que le tombeau était vide. C’était un fait implacable !

 

Selon la Bible

Reprenons les passages qui parlent de l’ensevelissement et résurrection de Jésus :

 

Lorsque Jésus annonçait Sa résurrection avant de mourir

Jésus avait maintes fois parlé de sa résurrection au 3ème jour pour préparer ses disciples à cet événement :

Matthieu 16 verset 21 (voir aussi Luc 9 :22 et bien d’autres versets)

  • Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.

 

Après la mort de Jésus

Le corps de Jésus fut bien mis dans le sépulcre après Sa mort.

Marc 15 verset 46.

  • Et Joseph, ayant acheté un linceul, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa du linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc. Puis il roula une pierre à l’entrée du sépulcre.

 

Mais les Juifs se rappelèrent des propos de Jésus sur Sa résurrection. Pour cette raison, ils demandèrent à Pilate de faire garder le tombeau pour éviter que le corps de Jésus soit enlevé (puisqu’ils ne croyaient pas en Sa résurrection) :

 

Matthieu 27 versets 63-66.

  • et dirent: Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore: Après trois jours je ressusciterai. Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps, et dire au peuple: Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture serait pire que la première. Pilate leur dit: Vous avez une garde; allez, gardez-le comme vous l’entendrez. Ils s’en allèrent, et s’assurèrent du sépulcre au moyen de la garde, après avoir scellé la pierre.

 

Le tombeau de Jésus fut scellé et gardé par des romains.

 

A Sa résurrection

Marc 16 versets 2-10.

  • Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever.
    Elles disaient entre elles: Qui nous roulera la pierre loin de l’entrée du sépulcre?
    Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée.
    5 Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d’une robe blanche, et elles furent épouvantées.
    Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n’est point ici; voici le lieu où on l’avait mis.
    Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée: c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.
    Elles sortirent du sépulcre et s’enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi.
    Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons.
    Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui s’affligeaient et pleuraient.

 

Après Sa résurrection

Après la mort de Jésus, les disciples enseignèrent la résurrection de Jésus :

1 Corinthiens 15 verset 4.

  • qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures;

Il y eut des témoins de la résurrection de Jésus :

Actes 1 versets 21-23.

  • Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection.
    Ils en présentèrent deux: Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias.

1 Corinthiens 15 versets 6-8.

  • Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts.
    Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
    Après eux tous, il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton;

Actes 2 verset 32.

  • C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité; nous en sommes tous témoins.

Actes 3 verset 15.

  • Vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts; nous en sommes témoins.

Luc chapitre 24 : nous avons le témoignage des disciples d’Emmaüs qui discutèrent avec Jésus en chemin, pour le réaliser à la dernière seconde.

 

Sa résurrection, élément de la doctrine chrétienne

L’apôtre Paul a enseigné sur la résurrection :

Actes 17 versets 2-3.

  • Paul y entra, selon sa coutume. Pendant trois sabbats, il discuta avec eux, d’après les Écritures, expliquant et établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts. Et Jésus que je vous annonce, disait-il, c’est lui qui est le Christ.

Sans résurrection, la foi chrétienne est vaine :

1 Corinthiens 15 versets 12-14.

  • Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a point de résurrection des morts?
    S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité.
    Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.

Pourquoi ? Parce que Christ a présenté son sang devant le trône de Dieu pour répondre de la justice divine (il a payé le prix de nos fautes à notre place). Puis, Il est ressuscité pour montrer la puissance déployée par Dieu pour faire de nous une NOUVELLE CREATION EN CHRIST :

Paul reprend dans 1 Corinthiens 15 versets 20-22 :

  • Mais MAINTENANT, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts.Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts.
    Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ,

On meurt en Christ pour revivre EN LUI avec Sa justice !

Romains 8 versets 3-4.

  • Car-chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, -Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit.

1 Corinthiens 1 verset 30.

  • Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption.

Paul le résume parfaitement dans Galates 2 verset 20 :

J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.

 

Que faut-il retenir ?

Comme d’habitude, les scientifiques ne sont pas unanimes sur l’origine de cette pierre ni sur l’analyse du texte. L’hypothèse de faire un décret pour une autre histoire de corps volé ne justifie pas le fait que le décret ait été écrit dans une langue « internationale ».

Qu’en pensez-vous ?

 

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Vous trouverez plus de détails, les références et les sources dans la section ci-dessous « En savoir plus… ».

Référence (1)

  1. Scheid, Contraria facere : renversements et déplacements dans les rites funéraires, in AION
    (archeol.), 6, 1984, p. 117-139 ; J. Maurin, Funus et rites de séparation, in AION (archeol.), 6, 1984, p. 191-208.

 

Référence (2)

  • science page : /hal-04952578v1/file/L’édit%20de%20Nazareth.pdf
    Arnaud Paturet. Quelques remarques au sujet de L’édit (?) d’Auguste sur les violations de sépulture.
    M. C. Drumea-A. Paturet-F. S. Ravitch (eds.), Proceedings of the 5th International Conference on
    Law and Social Order, New-York, Addleton Academic Publishers, 2016, volume 1, p. 6-20, ISBN
    978-1-942585-28-2., 2016, 978-1-942585-28-2. ffhal-04952578f

Sources externes

Articles:

En Français

  • bnf (.fr) page /ws/catalogue/app/collection/notices/record/ark:/12148/c33gb6sb

En anglais

  • chrisreighley (.com) page /an-empty-tomb-a-roman-decree-and-the-rest-of-the-story/

 

Vidéos à rechercher (*):

En Français

  • YouTube – Joseph Prince en français : Vivre sans stress

 

Copyright

  • Louis Segond (LSG) « by Public Domain» sauf si spécifié autrement.
  • (*) Les liens Youtube ne sont pas autorisés sur le texte d’un article. Il faut faire une recherche dans Youtube en utilisant les informations de la section ‘Vidéos à rechercher’.
  • Image mise en avant : Image de pierre en fonds vient de pexels (.com) page /photo/white-and-brown-seamless-concrete-wall-4705853/ auteur : Karola G. copyright « free to use ». Lettres en Grec : dessin personnel. Image complète modifiée.

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