Le Mont des Martyrs
Pas d’audio pour cet article
Gemmes
Le Sacré Cœur a été bâti sur le Mont des martyrs. Mais quelle fut l’histoire de cette colline pour porter un tel nom ?
Suivez-nous !
L’histoire
La colline de Montmartre, appelée aussi « Mont des Martyrs » se trouve dans le nord de Paris. En fait, on peut facilement le voir puisqu’elle culmine à environ 130 mètres d’altitude.
C’est sur ce mont que le Sacré-Cœur a été bâti.
Pourquoi ce nom de « Mont des Martyrs » ?
Il y aurait deux hypothèses :
Première hypothèse
Ce lieu est connu depuis des siècles. En effet, au Moyen Âge, c’était déjà un lieu de pèlerinage.
Son origine remonterait de bien plus loin si on s’en réfère à son nom qui viendrait de « Mons Martis », ce qui veut dire « le Mont de Mars » – un mont dédié au dieu romain Mars, un dieu de guerre, de jeunesse et de violence. D’ailleurs, le nom de « Montmartre » en garde la trace…
Deuxième hypothèse
Le nom de « Mont des Martyrs » viendrait de l’histoire tragique de Saint Denis, le premier évêque de Paris. Il aurait été envoyé en Gaule vers l’an 250 par le pape de Rome pour évangéliser la région. Grégoire de Tours mentionne qu’il faisait partie d’un groupe de sept évêques missionnaires chargés de propager le christianisme en Gaule.
Il y eut de terribles persécutions contre les chrétiens dans les périodes 249 et 251 – sous l’empereur Dèce et sous Valérien (en 258).
Saint Denis et ses deux compagnons de mission – le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère- furent dénoncés pour avoir « pratiqué de la magie » par une aristocrate nommée Larcia.
Le préfet romain de Lutèce (Paris), Fescennius Sisinnius, les mis aux arrêts. Ils furent « interrogés » par la torture : flagellation, emprisonnement… pour finir par être exposés au gril et aux bêtes féroces. On sait qu’ils empruntèrent l’actuelle « rue des Martyrs » pour aller sur leur lieu d’exécution.
La légende s’empara de cette histoire.
On raconte que, Saint Denis, après avoir été décapité, il aurait ramassé sa tête et marché près de six kilomètres vers le nord en la tenant dans ses mains. Un ange l’aurait guidé jusqu’au lieu où il voulait être inhumé : à Saint-Denis, là où, de nos jours, on peut trouver une basilique à son nom. Son corps aurait été enterré en ce lieu par une femme pieuse répondant au nom de Catulla.
Sous la révolution française
La Révolution française fera détruire, en 1793, l’abbaye royale de Montmartre, fondée au XIIe siècle par des bénédictines. La dernière supérieure, Marie-Louise de Montmorency-Laval, est guillotinée le 24 juillet 1794.
Pour la petite anecdote, Marie-Louise de Montmorency-Laval avait 71 ans. Elle était sourde, aveugle et grabataire. Et devinez quoi ? Elle fut condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire pour avoir « sourdement et aveuglément » comploté contre la République. Heu… Pas totalement faux dans un sens… Ils ont un sens de l’humour, un peu « tranchant » !
Les révolutionnaires voulurent séculariser le site en le rebaptisant temporairement le Mont en « Mont-Marat », en hommage à leur ami co-révolutionnaire Jean-Paul Marat.
La rue des Martyrs fut aussi renommée d’abord « chemin des Porcherons » (en référence à une famille bourgeoise locale), puis « rue du Champ-de-Repos » en 1793. Mais en 1806, cette rue retrouva son nom d’origine.
De nos jours
De nos jours, nous pouvons voir la basilique du Sacré-Cœur érigée sur le Mont des Martyrs.
En 1872, le cardinal Guibert, archevêque de Paris, choisit ce lieu chargé en histoire et rasé de tous édifices pendant la révolution. Cette construction fit suite au vœu de deux laïcs : Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury. Ils estimaient que c’était de leur devoir d’ériger un lieu dédié au « Sacré-Cœur de Jésus ».
Voici ce qu’il dira :
- « C’est ici que sont les martyrs, c’est ici que le Sacré-Cœur doit régner, afin d’attirer tout à Lui ».
Le Mont des Martyrs rappelait non seulement son passé martyr, mais aussi le symbole d’un renouveau spirituel après les pertes humaines faisant suite à la guerre franco-prussienne de 1870 et de la Commune de Paris. Ces deux laïcs y voyaient comme un signe de malédiction après que le pays se soit éloigné de Dieu et ils voulaient dédier la capitale à Dieu.
Selon la Bible
Rien n’est anodin dans le monde spirituel, que ce soit du côté « lumière » que du côté « obscur ».
On peut trouver dans la Bible des passages où des « héros de la foi » dédient un lieu ou font un sacrifice à Dieu pour marquer un territoire en le dédiant à Dieu.
Abraham parcouru « la terre promise » en faisant des holocaustes le long de son parcours. Jacob fit de même.
Josué en fit un du côté du Mont Ebal où furent prononcés les malédictions de la loi, et sur le mont Garizim pour proclamer les bénédictions de l’alliance de Dieu (Josué 8).
Si vous pensez que c’est une pratique « bizarre », réalisez que tous peuples font des arches, des monuments pour marquer leur territoire et préserver le souvenir de leurs conquêtes. Nous avons bien l’arc de Triomphe à Paris…
Réfléchissez sur ce qui se passe partout dans le monde à travers les âges : une religion qui conquiert un territoire détruit les symboles et monuments qui rappellent la religion de leurs opposants pour imposer les leur…
C’est une pratique qui implique de faire quelque chose « dans le naturel » pour mettre leur empreinte « spirituelle » dans un lieu.
On le voit dans 1 Samuel 5 où les Philistins s’emparèrent de l’arche de l’alliance du peuple d’Israël et la placèrent devant leur dieu « Dagon »…
Que faut-il retenir ?
Il est intéressant de voir sur quoi repose la basilique du Sacré-Cœur. Ce Mont des Martyrs fut d’abord un lieu d’adoration du dieu de Mars, Dieu de la guerre, avant de devenir un lieu de Martyrs (Saint Denis), puis un lieu qui faillit tomber dans l’oubli sous la Révolution française avant d’accueillir la Basilique du Sacré Cœur au XIXème siècle.
L’architecture de la Basilique du Sacré-Cœur s’inspire directement de l’Église Sainte-Sophie à Istanbul, ancienne basilique byzantine devenue mosquée, puis musée. On le voit notamment à son dôme central élevé et sa disposition en croix grecque.
Une basilique qui rappelle une autre église qui fut transformée en mosquée. Un mont qui a un lourd passif de persécutions contre les chrétiens. Un vœu qui tente d’effacer ce passé en dédiant la basilique au « sacré cœur du Christ »… L’histoire dira si ce lieu et cette basilique auront été un choix judicieux ou pas.
L’héritage venant de l’histoire n’est pas seulement « physique », mais « spirituel ». Si Abraham a jugé bon d’offrir des sacrifices à Dieu pendant son parcours de la terre promise, c’est qu’il y a plus que ce que l’on voit…
Qu’en pensez-vous ?
Vous avez aimé cet article ?
Ne pas hésiter à laisser un commentaire, vous abonner pour recevoir une notification lorsqu’il y a un nouvel article, de partager sur les réseaux sociaux…
Vous trouverez plus de détails, les références et les sources dans la section ci-dessous « En savoir plus… ».
Sources externes
Articles:
En Français
- Wikipédia – Saint-denis-notre dame de paris – Denis de Paris.
Vidéos à rechercher (*):
En Français
- YouTube – Joseph Prince en français – Vivre sans stress
Copyright
- Louis Segond (LSG) « by Public Domain» sauf si spécifié autrement.
- (*) Les liens Youtube ne sont pas autorisés sur le texte d’un article. Il faut faire une recherche dans Youtube en utilisant les informations de la section ‘Vidéos à rechercher’.
- Image mise en avant : Image personnelle. Image de St Denis (modifiée) : Anne97432, CC BY-SA 3.0 < creativecommons (.org)/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons. Image modifiée du Sacré cœur : Giò Terra (Terragio67), CC BY-SA 4.0 <creativecommons (.org)/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
Partager :
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Plus
- Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
- Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest

